Château de Beaucastel
L'histoire de Beaucastel commence en 1549, lorsque Pierre de Beaucastel acquiert une parcelle de terre à Coudoules, juste au nord de ce qui deviendra plus tard l'appellation Châteauneuf-du-Pape. Cette parcelle fait toujours partie du domaine.
Le domaine a changé plusieurs fois de mains avant de passer à la famille Perrin en 1909, qui est aujourd'hui la cinquième génération à l'exploiter. L'homme qui a façonné l'identité moderne du domaine est Jacques Perrin, qui vivait selon trois principes fermes : le vin doit être produit naturellement, le Mourvèdre doit jouer un rôle central dans l'assemblage, et le caractère du vin ne doit jamais être compromis par la technologie moderne. Il décède en 1978, laissant le domaine à ses fils Jean-Pierre et François. Aujourd'hui, les quatre frères Perrin (Marc, Thomas, Pierre et Matthieu) gèrent le domaine avec d'autres membres de la famille.
Vignoble et terroir
Beaucastel possède un total de 130 hectares, dont 100 sont plantés en vignes. Environ 70 hectares sont situés à Châteauneuf-du-Pape même, dans les zones de Chapouin et de Coudoulet, tandis que le reste se trouve en dehors des limites de l'appellation, d'où provient le vin de Coudoulet. Les vignobles sont situés dans la partie nord-est de l'appellation, près de la ville de Courtezon. L'âge moyen des vignes est d'environ 50 ans, avec des rendements ne dépassant pas 30 hectolitres par hectare, et souvent inférieurs.
Le terroir est caractérisé par des galets de Roulé, grosses pierres arrondies qui emmagasinent la chaleur le jour et la restituent à la vigne la nuit, favorisant une maturation lente et homogène des raisins. Sous les galets, le sous-sol est constitué de molasse marine du Miocène recouverte d'alluvions alpines. Le drainage est excellent. Le mistral maintient un faible taux d'humidité, réduit les risques de maladies et concentre les arômes dans le fruit. C'est un ensemble complet d'atouts naturels dont Beaucastel tire le meilleur parti.
Cépages et vinification
Alors que la plupart des domaines de l'appellation misent sur le grenache, Beaucastel adopte une approche différente. Les 13 cépages autorisés par l'AOC y sont cultivés, le mourvèdre occupant une place prépondérante. L'assemblage rouge classique se compose d'environ 30 % de grenache et 30 % de mourvèdre, le reste étant constitué de syrah, de cinsault et d'autres cépages. Dans les vins blancs, la Roussanne domine l'assemblage (environ 80 %), complétée par le Grenache blanc, la Clairette et le Bourboulenc.
Ce domaine a été le premier de la vallée du Rhône à passer à l'agriculture biologique en 1950 et, dès 1974, à la biodynamie. Aucun engrais chimique n'est utilisé, l'équipe travaille avec du compost fait maison. Dans la cave, chaque cépage est fermenté séparément. L'une des techniques distinctives est la chauffe rapide : les peaux de raisin sont brièvement chauffées à 80 °C, puis rapidement refroidies avant le début de la fermentation, ce qui permet d'extraire la couleur et les arômes tout en évitant l'oxydation. Le grenache est placé dans des cuves en béton ; le mourvèdre et la syrah sont vinifiés dans de grands foudres de chêne anciens. Le vieillissement a également lieu dans des foudres, ce qui permet une oxygénation douce sans pour autant conférer au vin un caractère boisé lourd.
Les vins
Le vin rouge classique de Châteauneuf-du-Pape, composé d'environ 30 % de grenache et de 30 % de mourvèdre, est l'un des vins rouges les plus aptes à vieillir dans le Rhône méridional. Dans un bon millésime, il peut être conservé pendant 20 à 30 ans sans problème. Le vin blanc standard, un assemblage de 80 % de roussanne, est déjà un vin sérieux. Mais la meilleure cuvée de blanc, la Roussanne Vieilles Vignes, est un vin à part. Elle est élaborée à partir de raisins provenant d'une seule parcelle composée à 100 % de roussanne, dont les vignes ont été plantées dès 1909 ; seules 6 000 bouteilles sont produites chaque année. Il est partiellement fermenté en barriques et vieilli dans un mélange de fûts de chêne neufs et d'un an. Les critiques le comparent régulièrement aux meilleurs vins blancs de Bourgogne.
Au sommet de la gamme se trouve l'Hommage à Jacques Perrin, qui n'est produit que dans les meilleurs millésimes et dont la production est comprise entre 350 et 425 caisses. Le mourvèdre représente environ 60 % de l'assemblage, aux côtés de vieilles vignes de grenache, de cinsault et de syrah. Il nécessite un vieillissement important, la plupart des experts recommandant de l'ouvrir au plus tôt sept ou huit ans après sa mise en bouteille, tandis que les plus grands millésimes peuvent être conservés pendant plusieurs décennies.
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