Clusel-Roch

La Côte-Rôtie compte de nombreux noms célèbres depuis des décennies. Clusel-Roch s’est imposé en suivant un parcours singulier, celui de l’agriculture. Jusque dans les années 1980, les familles d’Ampuis cultivaient des légumes et des arbres fruitiers aux côtés de la syrah ; la production de vin n’était guère plus qu’une activité secondaire, le vin étant apprécié des connaisseurs.


Après 1980, Gilbert Clusel a changé de cap : il a débroussaillé les versants montagneux envahis par la végétation et a tout misé sur l’avenir de la Côte-Rôtie, qui n’était pas encore en vogue à l’époque. Aujourd’hui, c’est Guillaume Clusel qui dirige ce domaine.


Les vignes sont situées au nord de la Côte-Rôtie, sur un sol de schiste micacé riche en fer, sur des pentes très raides. Bien que ce domaine soit principalement connu pour ses vins rouges, Clusel-Roch produit également des vins blancs à Condrieu.

Des jardins maraîchers à la Côte-Rôtie

Des années 1950 aux années 1980, René et Joséphine Clusel, comme de nombreux agriculteurs d’Ampuis, vivaient de la culture de légumes, d’arbres fruitiers et de quelques parcelles de vignes de Côte-Rôtie. Ils mettaient eux-mêmes leur vin en bouteille et le vendaient. Même si la Côte-Rôtie ne jouissait pas à l’époque de la même réputation qu’aujourd’hui, le vin de René Clusel restait un incontournable auprès des amateurs de vin.


Son fils, Gilbert, a pris un risque. Après avoir terminé ses études en 1980, il a rejoint l’exploitation familiale et a commencé à remettre en état les vignobles abandonnés.


La tâche n’était pas aussi facile qu’elle en avait l’air. La Côte-Rôtie avait été très productive depuis l’Antiquité jusqu’au début du XXe siècle, mais elle avait été largement négligée depuis les premières décennies de ce siècle. Des buissons, des arbustes et même des chênes poussaient entre les anciens murs de soutènement sur les coteaux.


Lorsque René Clusel prit sa retraite, la superficie viticole de ce domaine n’était plus que de 3,5 hectares. C’est à cette époque que la culture maraîchère et fruitière cessa, et c’est précisément à ce moment-là que « Les Grandes Places » entrèrent en scène.


Aujourd’hui, c’est Guillaume Clusel qui dirige ce domaine. Ces terres ont toujours été cultivées par cette famille ; à l’origine maraîchers, ils se consacrent désormais exclusivement à la viticulture.

Quatorze hectares, trois villages

Clusel-Roch exploite 14 hectares de vignobles, qui ne sont pas tous situés dans une même zone. Ces vignobles sont répartis sur trois villages viticoles historiques de la région lyonnaise : Ampuis, Condrieu et Millery.

Ampuis est le cœur de cette région. Il comprend la parcelle de Côte-Rôtie ainsi que des terres classées en appellationsCôtes-du-Rhône et Vin de France. Condrieu fournit des raisins de Viognier destinés à la production de vin blanc. Millery est situé plus au nord, en direction de Lyon, et appartient à l'appellation d'origine Coteaux du Lyonnais.

Ici, les noms des vignobles revêtent une grande importance. « Les Grandes Places », « Les Schistes » et « Viallière » font tous l’objet de cuvées distinctes de Côte-Rôtie, tandis que « Verchery » est un vignoble situé au sein de Condrieu.

Naturellement, les méthodes de culture dans ces deux régions sont totalement différentes. La Côte-Rôtie se caractérise par des pentes raides en terrasses, tandis que les Coteaux du Lyonnais présentent un relief relativement doux.

Le terroir

Le vignoble de Clusel-Roch à Côte-Rôtie est situé dans la moitié nord de l'appellation, sur un sol de schiste micacé riche en fer. Il s'agit là de la principale caractéristique géologique de cette partie du versant de la Côte-Rôtie, qui se traduit dans le vin par une texture ferme plutôt que souple.

Le substrat rocheux affleure près de la surface et est apparent à de nombreux endroits. La couche arable ne mesure qu’environ 50 centimètres d’épaisseur ; elle n’est donc pas très profonde.

Cependant, les racines de la vigne sont tenaces. Elles s’enfoncent directement dans le schiste, s’étendant sur plusieurs mètres de profondeur, et absorbent les nutriments de la roche plutôt que de la couche arable pratiquement inexistante. Grâce à cette profondeur, les vignes sont capables de résister même aux années les plus sèches bien mieux que ne le laisserait supposer la minceur de la couche de terre.

Les raisins

Chez Clusel-Roch, deux cépages jouent un rôle essentiel ; bien qu'ils soient courants dans le nord du Rhône, ils méritent d'être mentionnés séparément.

  • La syrah est le cépage principal utilisé pour produire le vin rouge de Côte-Rôtie. Les cuvées « Les Grandes Places » et « Viallière » sont mises en bouteille en 100 % syrah.
  • Le Viognier: ce cépage est utilisé de deux manières. Il est utilisé seul pour produire le Condrieu, et de petites quantités sont assemblées avec de la Syrah pour produire le Côte-Rôtie.
  • La proportion de Viognier dans les vins rouges est faible et variable. «Les Schistes» est élaboré avec environ 4 à 5 % de Viognier, et certains millésimes n'en contiennent pas du tout.

La fermentation d’une petite quantité de Viognier avec la Syrah n’est pas tant une méthode nouvelle qu’une pratique de longue date dans la production de la Côte-Rôtie. Cela rehausse l’arôme et adoucit légèrement les tanins.

Vinification

Clusel-Roch expose clairement sa philosophie : que ce soit sur les pentes escarpées de la Côte-Rôtie ou sur les terrains en pente douce des Coteaux du Lyonnais, le domaine cultive et vinifie ses raisins de la manière la plus respectueuse possible de la nature. La famille décrit cette démarche comme une manière de « donner vie au terroir » et souligne que ce processus commence dans le vignoble plutôt qu’au chai.

L’utilisation des fûts de chêne varie selon la gamme de produits. La cuvée haut de gamme de Côte-Rôtie est élevée en fûts de chêne, tandis que « Les Schistes » est élaboré dans un style plus léger selon le millésime, parfois au point où les arômes de chêne sont à peine perceptibles. Le Condrieu ne présente quant à lui qu’une très subtile note de chêne.

La teneur en alcool fournit également un indice important. Ces vins ont généralement une teneur en alcool d’environ 13 à 13,5 %, ce qui est relativement modéré par rapport aux vins modernes de Syrah du Rhône septentrional.

Quelles sont les bouteilles Clusel-Roch ?

Le « Côte-Rôtie Les Grandes Places » est le vin qui incarne à lui seul la réputation de ce domaine. Élaboré à partir de raisins 100 % Syrah issus de l'un des vignobles où Gilbert Clusel a repris la production, c'est un vin corsé, destiné à un long vieillissement.

La gamme de Côte-Rôtie comprend « Les Schistes », un vin rouge plus léger et prêt à boire, ainsi que « Viallière », une Syrah issue d’un autre vignoble unique.

Le vin blanc est produit à Condrieu et mis en bouteille sous le nom de Verchery. Élaboré à partir de 100 % de Viognier, il est corsé et se caractérise par de légères notes boisées. Outre ces deux appellations réputées, Clusel-Roch propose également des Coteaux du Lyonnais issus de ses vignes de Millery, ainsi que des Côtes-du-Rhône et des Vins de France provenant d’Ampuis.

La gamme de produits de cette marque est donc bien plus large que ne le laisse supposer la réputation de la Côte-Rôtie. Cela mérite d’être souligné si vous n’associez ce nom qu’à la Syrah.


Foire aux questions

Qui dirige Clusel-Roch aujourd'hui?

Guillaume Clusel dirige le domaine. Guillaume Clusel dirige le domaine. Il succède à Gilbert, qui a rejoint l'exploitation familiale en 1980 et l'a transformée d'une exploitation mixte en un domaine viticole.

Où se trouve le domaine?

À Ampuis, le village principal de l'appellation Côte-Rôtie, dans le nord du Rhône. Le domaine possède également des vignes à Condrieu et à Millery.

Clusel-Roch produit-il du vin blanc?

Oui. Le Condrieu, mis en bouteille sous le nom de Verchery, est composé à 100 % de Viognier, et le Viognier est également utilisé en petites proportions dans certains vins rouges de Côte-Rôtie.

Pour quoi le domaine est-il surtout connu?

Pour « Les Grandes Places », sa Côte-Rôtie issue d'une seule parcelle, et plus largement pour avoir redonné vie, à partir de 1980, aux vignobles abandonnés situés à flanc de coteau au sein de l'appellation.

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