Vincent Dancer
La Bourgogne abrite de nombreux domaines viticoles dont l'histoire remonte à trois siècles. Si Vincent Dancer ne bénéficie pas de cet héritage, cela n'a pas pour autant entravé le développement de son domaine. Situé à Chassagne-Montrachet, dans la Côte de Beaune, ce petit domaine s'est constitué une clientèle fidèle grâce à ses vins blancs, qui se distinguent par une tension et une clarté uniques. Il utilise des levures indigènes, recourt rarement à des fûts de chêne neufs et ne soumet pas ses vins à un collage ni à une filtration. Les vignes sont entretenues et vendangées à la main, les rendements sont maintenus à un niveau bas, et le domaine a obtenu la certification biologique relativement tôt selon les normes bourguignonnes. Si ses vins blancs constituent l’essentiel de sa réputation, les vins rouges produits à Pommard, Beaune et Chassagne sont également élaborés selon la même philosophie d’intervention minimale. Le fils de Vincent, Théo, a rejoint l’entreprise en 2016 et dirige actuellement le domaine. Malgré sa petite taille, moins de 10 hectares, il bénéficie d’un public qui ferait l’envie même des domaines les plus historiques.
Histoire
Vincent Dancer n'est pas bourguignon. Il a grandi en Alsace, où ses parents s'étaient installés, et alors qu'il suivait les traces de son père pour devenir ingénieur, il a découvert que sa famille possédait des terres et des vignobles à Chassagne-Montrachet.
C'est ainsi que, pour se faire une idée de ce métier, il s'est inscrit à une formation certifiante en œnologie à Beaune. Peu à peu, il s'est retrouvé entouré de passionnés de vignoble et s'est laissé complètement séduire par ce métier.
En 1996, à l'âge de 22 ans, il s'est installé dans le domaine familial à Chassagne-Montrachet et a commencé à cultiver 3,5 hectares de vignes. À l'époque, il n'y avait pas encore de cave. Son oncle, Philippe Ballot, qui travaillait comme vigneron à Meursault, l'a aidé lors de la première récolte. L'année suivante, la cave a été construite et n'a cessé de s'agrandir depuis lors.
Au début, Dancer manquait à la fois d'espace et d'équipement pour traiter l'intégralité de la récolte ; une partie de la production était donc vendue à des négociants. L'année 2003 a toutefois constitué une exception, la récolte ayant de toute façon été extrêmement maigre. À partir de 2000, à mesure que les baux arrivaient à échéance, la famille a récupéré les vignobles restants appartenant à la famille, puis a acquis plusieurs parcelles supplémentaires en 2013.
Théo Dancer (fils de Vincent) est revenu au domaine en 2016 pour travailler aux côtés de son père et en est devenu l'unique propriétaire en 2021. Il mène également deux projets sous son propre nom, Théo Dancer et Roc Breia, indépendamment du domaine.
Six hectares, cinq villages
Le point essentiel ici est qu’il s’agit d’une exploitation à petite échelle : les vignobles totalisent environ 6 hectares. Pour un domaine bénéficiant d’une telle popularité, sa production de vin est relativement modeste.
Ces vignobles, qui ne couvrent que quelques hectares, sont dispersés dans des appellations de village et de premier cru telles que Chassagne-Montrachet, Puligny-Montrachet, Meursault, Pommard, Beaune, entre autres. À Chassagne, on trouve Morgeot, Tête du Clos et La Romanée. À Meursault, on trouve Les Perrières, Les Corbins et Les Grands Charrons ; à Pommard, Les Perrières et Les Pézerolles ; et à Beaune, Les Montrevenots. Sans oublier un grand cru, le Chevalier Montrachet.
Tous les travaux et les vendanges sont effectués à la main, et les rendements sont volontairement maintenus à un niveau bas. Le domaine a obtenu la certification biologique en 2012 et est généralement reconnu comme le premier de la région de Chassagne-Montrachet à l’avoir obtenue.
À peu près à la même époque, des pratiques agricoles biodynamiques ont commencé à être progressivement introduites sur de nombreuses parcelles, et le labour à cheval est également pratiqué dans les parcelles de Premier Cru. Il ne s’agit en aucun cas d’une simple rhétorique marketing. C’est tout simplement la méthode qu’exige le vignoble de la Côte de Beaune, petit, escarpé et entretenu à la main.
Deux raisins, et un troisième à côté
La Côte de Beaune repose sur le Chardonnay et le Pinot Noir, et le Domaine Vincent Dancer travaille les deux.
- Le Chardonnay est un cépage bien connu au niveau de Chassagne-Montrachet, de Meursault et de la Bourgogne.
- Le Pinot Noir est produit en vin rouge à Pommard, Beaune et Chassagne, bien que les volumes de production soient faibles.
- L'Aligoté est également commercialisé, mais il est vendu sous le label Théo Dancer plutôt que sous le label propre au domaine.
La vinification
Selon la philosophie de Vincent Dancer, le vin est pour ainsi dire achevé avant même d’arriver au domaine. Les processus qui interviennent par la suite s’apparentent davantage à une supervision qu’à une intervention.
La fermentation est assurée par des levures indigènes, sans contrôle de température, de sorte qu'elle se déroule au rythme propre au vin. Certains processus de fermentation peuvent durer près d'un an après les vendanges. C'est un processus qui exige une patience considérable, et c'est l'une des raisons pour lesquelles le vin possède son caractère si particulier.
La proportion de fûts de chêne neufs est maintenue en dessous de 10 %, et la majeure partie de l’élevage s’effectue dans des fûts de chêne plus grands et plus neutres ou dans des cuves, plutôt que dans de petits fûts de chêne neufs. Dancer alterne depuis longtemps entre fûts de chêne et cuves en fonction de la cuvée.
Les vins blancs ne sont pas remués. En vieillissant exclusivement sur lies pendant une longue période sans bâtonnage, les vins développent une texture riche. Ils ne sont ni clarifiés ni filtrés avant la mise en bouteille, et leur teneur en soufre est faible.
La production totale est faible, généralement estimée entre 20 000 et 25 000 bouteilles par an pour l’ensemble de la gamme. Répartie entre environ 14 cuvées, on comprend aisément pourquoi ces vins sont si difficiles à trouver.
Les vins
Le vin blanc est le produit phare de ce domaine.
Les vins de premier cru de Chassagne-Montrachet, le village d'origine, sont le Chassagne-Montrachet Morgeot, le Chassagne-Montrachet Tête du Clos et le Chassagne-Montrachet la Romanée.
À Meursault, le Meursault Perrières, premier cru, est issu d'un vignoble réputé pour sa structure solide et sa longue finale plutôt que pour son opulence.
Le Pommard Les Perrières est un vin rouge de village qui illustre parfaitement le style des vins rouges du domaine : souple, vif et jamais trop puissant.
Les vins de village sont le Meursault Les Corbins, Les Grands Charrons, le Chassagne-Montrachet, ainsi que les vins de Bourgogne et des Hautes-Côtes de village.
Vincent Dancer produit également un Grand Cru, le Chevalier-Montrachet.
La gamme des vins rouges se compose du Pommard Les Pézerolles, du Pommard Les Perrières et du Beaune Les Montrévenots,
sans oublier l’Oskar, un Vin de France.
Bien que le vin rouge ait toujours représenté une petite partie de la production totale, sa part ne cesse de croître progressivement et suit la même logique que le vin blanc.
Foire aux questions
Où se trouve le Domaine Vincent Dancer?
À Chassagne-Montrachet, dans la Côte de Beaune. Les vignobles s'étendent de là vers Puligny-Montrachet, Meursault, Pommard et Beaune.
Qui dirige le domaine aujourd'hui?
Théo Dancer. Il est revenu au domaine en 2016 et en a pris entièrement les rênes en 2021, après avoir travaillé aux côtés de son père Vincent pendant toutes ces années.
Le domaine est-il biologique?
Oui, certifié depuis 2012, et généralement considéré comme le premier domaine de Chassagne-Montrachet à avoir obtenu cette certification. Depuis, des pratiques biodynamiques, notamment le labour à cheval dans les premiers crus, ont été mises en place sur une grande partie du vignoble.
Pour quoi Vincent Dancer est-il surtout connu?
Les vins blancs, notamment les premiers crus de Chassagne-Montrachet et le Meursault Perrières, élaborés avec un minimum d'intervention et très peu de fûts neufs.