Bernard van Berg

Installé à Meursault et exerçant son activité dans la Côte de Beaune, Bernard van Berg produisait du vin à partir de deux hectares de terres sans particularité, qu’il mettait en bouteille pour la plupart sous des étiquettes sans prétention telles que « Bourgogne Grand Ordinaire » ou « Vin de France ». Il a ensuite vu ces bouteilles faire leur apparition sur les cartes des vins de restaurants comme le Noma, situé à Copenhague. Les raisins étaient issus de l’agriculture biologique ; les rendements étaient extrêmement faibles et la vinification pratiquement non interventionniste. On recourait à la fermentation en grappes entières, à des levures sauvages et à un apport minimal de soufre, ainsi qu’à des fûts de chêne neufs. Même si ces vins ne bénéficiaient d’aucune appellation d’origine réputée, leurs prix atteignaient plusieurs centaines d’euros. De plus, ces vins ne faisaient l’objet d’aucune campagne marketing. Le domaine a fonctionné de cette manière pendant environ 15 ans avant de changer de propriétaire.

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Un photographe s'installe à Meursault

Bernard van Berg a fait carrière derrière la caméra avant de s’installer en Bourgogne au début des années 2000. La plupart des sources le décrivent comme originaire de Belgique, mais au moins une d’entre elles indique que ses origines remontent aux Pays-Bas et qu’il a quitté la Belgique avec son épouse, Judith, en 2001.

La même année, il a fondé le domaine au 1, rue du Moulin Judas à Meursault. En 2002, il s'est lancé le défi d'élaborer son premier vin. L'objectif qu'il s'était fixé était d'une simplicité provocante : créer le plus grand vin de tous les temps, autrement dit, le vin qu'il avait envie de boire.

Judith van Berg s’occupait de la majeure partie de la communication, y compris de la tarification ; elle ne décrivait pas cela comme un calcul fondé sur la logique du marché, mais comme une récompense pour des années de travail acharné. Elle a par la suite qualifié l’ensemble du processus d’aventure ou de conte de fées.

Cette aventure a pris fin en 2017, lorsque le vignoble a été vendu et est passé entre les mains de nouveaux propriétaires. Selon ceux qui se sont rendus sur place à l’époque, les deux fondateurs avaient trouvé la sérénité quant à cette décision.

Deux hectares

Van Berg a acquis environ 2 hectares de terres aux alentours de Meursault, déjà plantées de Chardonnay, d’Aligoté, de Pinot Noir et de Gamay, dont certaines remontaient à 1950. Aucune de ces parcelles ne se trouvait dans le prestigieux secteur de la Côte de Beaune. C’était précisément le but recherché.

La culture était biologique ; le domaine était certifié depuis 2008 et n’utilisait absolument aucun engrais ni pesticide. Le sol était labouré à l’aide de chevaux. Les rendements étaient extrêmement faibles, ce qui était une conséquence naturelle de cette méthode de culture.

«Les Echalas» illustre à quel point ils étaient méticuleux. Il s’agissait d’une toute petite parcelle entourée d’arbustes sauvages, située à En Busigny, où le rendement visé était inférieur à 7 hl par hectare. Chaque pied de vigne était soutenu par un tuteur, et les pousses étaient attachées à l’aide d’une fine ficelle, que l’on remontait progressivement à mesure que les vignes poussaient, afin de garantir que la lumière du soleil et le vent atteignent toutes les faces. Des fossés avaient été creusés de part et d’autre de la parcelle pour empêcher les fortes pluies de s’écouler vers les racines. Judith van Berg a déclaré qu’en s’y promenant, on avait l’impression de se trouver sur une île.

Quatre variétés sur une toute petite exploitation

Les vignobles de ce domaine n’étaient pas consacrés à un cépage particulier, mais comprenaient un mélange de cépages, ce qui est inhabituel pour un domaine situé à Meursault et explique pourquoi tant d’étiquettes différentes ont été commercialisées. Les cépages cultivés ici sont les suivants :

  • le Chardonnay, qui constitue la base des vins mis en bouteille sous l'appellation En Busigny
  • l’Aligoté, mis en bouteille en monocépage
  • le Pinot Noir
  • le Gamay, qui est exclu de la plupart des appellations de la Côte de Beaune

La répartition par cépage de ces 2 hectares n’a jamais été divulguée. Ce qui est certain, c’est que le Gamay et l’Aligoté, ainsi que les deux cépages bourguignons emblématiques, étaient tous cultivés dans le même petit vignoble selon les mêmes méthodes de culture.

Vinification

Le processus de vinification des vins de Bernard van Berg était simple. Les rafles n'étaient pas retirées ; les raisins étaient vinifiés entiers. Aucune levure n'était ajoutée, pas plus que du sucre pour augmenter le degré d'alcool. L'utilisation de dioxyde de soufre était réduite au strict minimum.

L'élevage s'est déroulé en fûts de chêne neufs, ce qui constituait un choix audacieux pour un vin d'appellation régionale issu de raisins à faible rendement.

Chaque aspect de cette approche constituait un pari fondé sur la conviction que le vignoble ferait sa part. Les interventions étaient minimes, les ajustements rares, et il n'y avait absolument aucune mesure de sécurité prévue au cas où le millésime serait un échec.

Les vins

La gamme de produits s'articule autour des noms de parcelles plutôt que des appellations. Les bouteilles Van Berg portaient des noms tels que « En Busigny », « Les Echalas », « Les Gamets » ou « Les Aligotés », tandis que certaines étaient commercialisées sous l'appellation « Bourgogne » ou « Bourgogne Grand Ordinaire », et d'autres sous celle de « Vin de France » ; la gamme comprenait également une cuvée pétillante. Le vin blanc, le vin rouge et l'Aligoté étaient tous issus du même vignoble de 2 hectares.

Les prix n’étaient jamais liés à la classification. Les vins d’appellation régionale issus de ce vignoble étaient généralement vendus à des prix très élevés, et le vignoble ne cherchait pas à justifier cela par des arguments marketing.


Foire aux questions

Où se trouvait le Domaine Bernard van Berg?

À Meursault, en Côte de Beaune, au 1, rue du Moulin Judas.

Pourquoi les étiquettes indiquent-elles Bourgogne Grand Ordinaire ou Vin de France?

Parce que ces vignes se trouvaient en dehors des appellations prestigieuses, et parce que des cépages comme le Gamay et l'Aligoté ne sont pas autorisés dans le cadre des appellations plus prestigieuses de la Côte de Beaune.

Le domaine est-il toujours géré par Bernard et Judith van Berg?

Non. Il a été vendu en 2017 et est passé entre les mains de nouveaux propriétaires, mettant ainsi fin à environ quinze ans de production sous la direction des fondateurs.

Qu'est-ce qui rendait ces vins si prisés?

Une combinaison de rendements très faibles, d'une agriculture biologique pratiquée à la charrue tirée par des chevaux, d'une vinification à intervention minimale et de quantités très limitées, ainsi qu'une présence sur les cartes de restaurants tels que le Noma à Copenhague.

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