Montrose 1990, un vin légendaire

Montrose 1990, un vin légendaire

Demandez à un amateur de vin qui boit régulièrement les grands vins de Bordeaux de citer quelques légendes et il y a de fortes chances qu'il vous cite le Montrose 1990. Et ce n'est pas la première chose que l'on attend de ce château de Saint-Estèphe.

Histoire de Montrose

Le château Montrose a été fondé en 1815. La famille Charmolue en est le propriétaire et le vigneron depuis 1896. En 1960, Jean-Louis Charmolue a replanté les vignobles, ce qui lui a permis de devenir l'un des principaux châteaux du Bordelais. Il a personnellement créé le légendaire 1990.

Montrose n'était pas vraiment connu pour être un vin facile à boire très tôt. Il s'agissait de vins massifs, et même les vins des super années 1959 et 1961 mettaient beaucoup de temps à entrer dans leur période de consommation optimale. C'est pourquoi Jan-Louis a planté plus de merlot et la quantité de cabernet sauvignon a diminué. Comme le merlot mûrit plus tôt que le cabernet, les vins ont pu être consommés plus tôt.

Le terroir de Montrose

Avec son sol graveleux, Montrose partage un peu le même sol que le Château Latour à Pauillac. Tous deux sont situés directement sur la Gironde. Sous ce sol de graviers se trouve de l'argile, ce qui peut expliquer les tannins assez présents dans les vins de Montrose.

Rapport sur le millésime 1990 de Montrose

L'année 1990 est connue à Bordeaux comme un très bon millésime. Et presque tout a fonctionné à Montrose cette année-là. Des cabernets très mûrs ont été récoltés, peut-être pour la première fois, ce qui signifie que le merlot était même légèrement surmûri. Cela a donné une combinaison unique et un vin parfait. Presque tout a fonctionné, car malheureusement, certaines bouteilles contiennent des Brettanomyces, ou Brett. Il s'agit d'un type de levure que l'on trouve partout, mais qui est moins bien accueillie dans le vin. Elle donne souvent au vin une odeur de cheval (sueur), bien que certains vignerons autorisent la présence de Brett parce qu'elle peut aussi donner au vin des éléments positifs tels que le cuir et la fumée et ajouter un peu de complexité. Dans les bouteilles de Montrose 1990, la quantité de Brett varie de presque inexistante à très présente. C'est une question personnelle, mais dans le Montrose 1990, la présence de brett ne me dérange pas. Dans un Montrose 1990 sans brett, il me manque même quelque chose.

Le 1990 a été le premier Montrose à recevoir la note maximale de 100 points attribuée par Parker. Les critiques du monde entier ont été très positives. Il a fallu attendre presque 20 ans (2009) pour que le Montrose reçoive la note maximale pour la deuxième fois. Nous avons goûté presque tous les millésimes de Montrose depuis 1959 et nous pensons que le 1990 reste le plus beau et le plus unique des Montrose à ce jour. Peut-être en raison de sa parfaite imperfection. Le 1989, aussi étrange que cela puisse paraître, est également devenu un vin légendaire au cours des 15 dernières années. Là encore, les avis divergent, mais nous préférons légèrement le 1990.

Note de dégustation du Montrose 1990

Rouge foncé avec une nuance brune. Le bouquet s'impose avec force. Cuir, goudron et surtout terroir, c'est une empreinte de Saint-Estèphe : galets, graviers, minéraux. Si l'on sentait le vin à l'aveugle, on pourrait aussi penser à un Rhône, un Hermitage. Beaucoup d'épices, de raisins secs, de truffe. Et bien sûr des fruits, des fruits noirs. Et puis vous prenez la première gorgée et vous vous taisez. C'est la perfection. C'est d'une douceur impressionnante, d'une grande complexité. Mais aussi extrêmement concentré, on dirait de l'extrait. Cassis et cassis, réglisse. Equilibre parfait, la finale dure des minutes, sans perte de qualité. Combien de bouteilles nous reste-t-il ? Note de Best of Wines : 10.

 

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